Comment est calculé le confort d'été, carte par carte
TL;DR
- La page confort d'été affiche neuf cartes : cinq lisent une valeur telle qu'elle existe dans le DPE, quatre la calculent à partir de données que la méthode 3CL collecte pour l'hiver mais n'exploite jamais pour l'été.
- Deux badges partout sur la page : Lu dans le DPE pour ce que le moteur 3CL publie tel quel, Calculé par DPE Demain pour ce qu'on dérive nous-mêmes.
- Un chiffre qui n'est pas mesurable depuis nos données reste absent de la page, ou porte la mention explicite qu'il ne l'est pas.
L'indicateur réglementaire — lu dans le DPE
L'arrêté du 31 mars 2021 définit cinq critères oui/non. Deux sont éliminatoires — toiture isolée, protection solaire extérieure — sans eux l'indicateur est « insuffisant » quels que soient les trois autres. Les trois autres — logement traversant, inertie lourde, brasseurs d'air fixes — sont des bonus : il en faut deux sur trois pour passer de « moyen » à « bon ». Cette logique de calcul vit dans 2021_04_13_confort_ete.js côté moteur ; la page ne fait que lire sortie.confort_ete.
Sur le corpus dpe03existant de l'ADEME (15 292 277 lignes, 67,9 % renseignées au 01/08/2026), la répartition nationale sur les lignes renseignées :
| Indicateur | Part (renseignés) |
|---|---|
| Moyen | 42,8 % |
| Insuffisant | 40,0 % |
| Bon | 17,3 % |
Et sur les deux critères bloquants, maisons uniquement (n ≈ 4,23 M renseignées) : isolation de toiture validée à 85,6 %, protection solaire à 49,7 %. Mesure exacte, pas un échantillon : values_agg agrège côté serveur sur le corpus entier. Requêtes rejouables dans data/stats-confort-ete/2026-08-01.json.
Rose des vitrages et apports solaires — calculés
Le DPE saisit chaque baie vitrée avec sa surface, son orientation et son facteur solaire — des données d'entrée que la méthode 3CL utilise pour le calcul d'hiver (apports gratuits qui réduisent le besoin de chauffage) mais n'affiche jamais recomposées pour l'été. La rose additionne les surfaces par orientation ; les baies horizontales (verrières, fenêtres de toit) n'ont pas d'azimut et sortent du diagramme, mais restent dans la légende.
Piège du moteur : sortie.apport_et_besoin.apport_solaire_fr est remis à 0 par le 3CL sur tout DPE sans climatisation déclarée — ce n'est pas une absence d'apports, c'est un champ que le moteur ne calcule que pour le besoin de froid. La page passe donc par une route dédiée, POST /api/apport-solaire-ete, qui rejoue le même calcul indépendamment de la présence d'une clim ; si le service est indisponible, la carte se dégrade proprement plutôt que de faire échouer la page.
Repère national — apports solaires d'été (kWh/m² habitable). Source : apport_solaire_saison_froide de l'open data ADEME, un champ qui mélange deux unités (Wh et kWh selon les lignes, facteur ~1000) sans indicateur de version fiable — normalisé par l'heuristique valeur/surface > 100 ⇒ /1000. Sur 8 000 maisons tirées, 1 100 exploitables :
| p10 | p25 | médiane | p75 | p90 | moyenne |
|---|---|---|---|---|---|
| 2,0 | 3,2 | 5,9 | 11,2 | 16,1 | 7,9 |
n = 1 100 : suffisant pour un ordre de grandeur national, pas pour une segmentation par département ou période de construction. La valeur du logement affichée sur la carte vient toujours du moteur, jamais de ce champ open data — lui ne sert qu'à situer le repère médiane/p90 sur la jauge.
Taux de fenêtres protégées et ratio de vitrage — calculés
Exposée = toute orientation sauf le nord (convention DPE Demain, alignée sur le fait que le nord reçoit quasiment aucun soleil direct en été). Protégée = le DPE déclare pour cette baie un volet, une persienne ou un store extérieur (enum_type_fermeture_id hors des valeurs « sans objet »). Le ratio de vitrage additionne la surface de toutes les baies et la rapporte à la surface habitable ; les seuils 10 % / 15 % de la jauge sont une grille de lecture DPE Demain, pas un seuil réglementaire.
Aucun de ces deux indicateurs n'est mesurable en open data : la surface vitrée n'existe dans aucun des 230 champs du schéma dpe03existant. Le seul moyen d'obtenir un repère est de lire des XML complets. Une collecte dédiée (backend/scripts/study_confort_ete_dept.py) a téléchargé et parsé 1 000 DPE individuels le 01/08/2026 — 500 dans le Gard, 500 dans le Finistère, graine fixe, un seul échec réseau.
Ratio de vitrage — 1 000 maisons, Gard + Finistère (01/08/2026) : médiane 14,8 % · moyenne 15,0 %.
Ce n'est pas une valeur nationale — 2 départements, choisis pour leurs climats opposés (H3 et H2a), pas un tirage représentatif de la France. C'est ce chiffre, explicitement qualifié, que la page affiche comme repère — plus une moyenne « nationale » inventée. Détail par département et par période de construction : data/etude-confort-ete/.
La même collecte a aussi mesuré, sur le même échantillon, le taux de protection déclaré par orientation (nord inclus cette fois, comme référence de comparaison) : le nord ressort systématiquement le moins protégé des quatre orientations, dans les deux départements — 63,5 % contre 71 à 76 % ailleurs. Ce chiffre n'est pas encore affiché sur la carte produit ; il documente que la logique « exposées = tout sauf nord » correspond à un comportement réel, pas seulement à une convention de calcul.
Inertie et toiture — lues dans le DPE, avec une règle réimplémentée
La classe d'inertie (légère / moyenne / lourde / très lourde) est déclarée dans le DPE et fait foi pour le bonus réglementaire. Mais le moteur ne publie que des booléens inertie_*_lourd par famille de paroi, sans toujours les recouper avec la classe déclarée — un DPE peut se contredire lui-même sans que le moteur fasse plus qu'un console.error. La page réimplémente donc 7_inertie.js : une paroi n'est « lourde » que si elle est massive (pierre, pisé, béton, brique au-delà d'un seuil d'épaisseur) et non isolée par l'intérieur, et c'est la majorité en surface qui tranche pour chaque famille. Quand la classe recalculée diverge de la classe déclarée, la carte le signale — la déclarée reste celle qui compte pour le bonus.
Le U de toiture est lu directement (donnee_intermediaire.uph), mais ses seuils de qualité dépendent du type de plancher haut — réimplémentation de 2021_04_13_qualite_isolation.js :
| Plancher haut | très bonne | bonne | moyenne | insuffisante |
|---|---|---|---|---|
| Combles aménagés | < 0,18 | < 0,25 | < 0,30 | ≥ 0,30 |
| Combles perdus | < 0,15 | < 0,20 | < 0,30 | ≥ 0,30 |
| Toit terrasse | < 0,25 | < 0,30 | < 0,35 | ≥ 0,35 |
Le critère « toiture isolée » du confort d'été, lui, n'a aucun seuil : 2021_04_13_confort_ete.js ne l'échoue que si le plancher haut est déclaré « non isolé » ou « inconnu ». Une isolation médiocre le valide donc aussi bien qu'une excellente — conséquence mesurable : sur les maisons à combles aménagés (n = 1 415 439 renseignées), 49,8 % ont une isolation classée « très bonne » ou « bonne » au sens du tableau ci-dessus (U < 0,25). C'est un snap sur seuil de bucket, pas une vraie médiane de U — l'open data ADEME ne publie aucun champ U numérique (230 champs vérifiés), seulement cette répartition catégorielle. Obtenir une vraie médiane exigerait de lire uph dans un échantillon de XML, ce qui reste hors scope pour l'instant.
Ventilation nocturne, climatisation, zone climatique
Ventilation nocturne (calculée) : dérivée des mêmes entrées de ventilation que le calcul d'hiver, lues sous un angle différent — présence d'ouvrants et de traversée d'air plutôt que débit réglementaire.
Climatisation (lue dans le DPE) : installation, surface couverte, consommation et EER viennent de climatisation_collection et de sortie.ef_conso.conso_fr. La carte insiste sur un point pédagogique : les cinq critères de l'indicateur réglementaire ne mesurent que le confort passif — installer une climatisation ne change jamais l'indicateur, seulement l'étiquette énergie via sa consommation.
Zone climatique et altitude (lues dans le DPE) : les 8 zones H1a→H3 et les 3 paliers d'altitude (0–400 m, 400–800 m, plus de 800 m) sont des catégories du DPE lui-même, pas une invention éditoriale. Le besoin de refroidissement moyen par zone, mesuré sur 4 548 367 maisons renseignées, illustre l'écart entre climats :
| Zone | H1a | H2a | H1b | H2b | H1c | H2c | H2d | H3 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| kWh moy. | 28,5 | 18,3 | 88,4 | 158,2 | 199,7 | 650,0 | 800,3 | 1 197,5 |
À noter que la moitié des maisons françaises (p50 = 0 sur le corpus entier) ont un besoin de refroidissement nul au sens du calcul 3CL — cohérent avec un indicateur pensé pour le confort passif, pas pour dimensionner une climatisation.
Ce qui est une convention, pas une mesure
Certains choix de la page ne sont adossés à aucune statistique — ils sont dits comme tels, dans les popovers d'aide de chaque carte :
- Les seuils 10 % / 15 % du ratio de vitrage, et les échelles des jauges (25 kWh/m², 25 %, 0,6 W/m²·K) : une grille de lecture DPE Demain, pas un seuil réglementaire.
- « Exposées » = toutes les orientations sauf le nord : convention alignée sur la physique (le nord ne reçoit quasiment aucun soleil direct l'été) et confirmée par la mesure de protection par orientation ci-dessus.
- La saison chaude de 4 mois utilisée pour l'équivalence « radiateur allumé X heures par jour » : une durée conventionnelle, dite explicitement dans le popover des apports solaires.
Le principe reste le même partout sur la page : un chiffre qui n'est ni lu dans le DPE ni mesuré sur un corpus daté porte la mention qu'il s'agit d'une convention — jamais présenté comme une statistique.
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